Mis à jour le 25 octobre 2026

Le divorce met fin au régime matrimonial. Le partage des biens consiste alors à identifier les biens de chacun, partager les biens communs ou indivis, répartir les dettes et régler le sort du logement. Il se fait à l’amiable ou devant le juge. Un notaire intervient dès qu’un bien immobilier est en jeu.

Pourquoi faut-il partager les biens lors d’un divorce ?

Le divorce dissout la communauté, comme le décès ou le changement de régime (article 1441 du Code civil). Les époux doivent alors régler leurs comptes patrimoniaux. On parle de liquidation du régime matrimonial.

Les règles dépendent du régime choisi au mariage, ou du régime légal à défaut de contrat. Notre article sur les régimes matrimoniaux présente les principales options.

À quelle date le patrimoine est-il figé ?

Entre époux, le divorce prend effet sur les biens à la date de la demande en divorce. En divorce par consentement mutuel, la convention fixe cette date. À la demande d’un époux, le juge la reporte à la date de fin de la cohabitation (article 262-1 du Code civil). Ce choix a des effets financiers concrets sur le partage.

Comment se partagent les biens sous le régime de la communauté ?

Le régime légal est la communauté réduite aux acquêts. Le partage suit plusieurs étapes :

      • Reprise des biens propres : chaque époux reprend ses biens personnels, par exemple ceux reçus par succession ou possédés avant le mariage (article 1467 du Code civil).
      • Calcul des récompenses : lorsque la communauté a financé un bien propre, ou l’inverse, un compte de récompenses rétablit l’équilibre (article 1469 du Code civil).
      • Liquidation de la masse commune : on évalue l’actif, on déduit les dettes communes, puis on partage le solde.
      • Attribution des lots : un époux qui reçoit plus que sa part verse une soulte à l’autre.

Le calcul des récompenses est souvent la source principale de désaccord. Les sommes en jeu dépendent de l’origine des fonds et de leur traçabilité.

Que se passe-t-il en séparation de biens ?

Chaque époux reste propriétaire de ses biens. Le partage ne concerne que les biens achetés ensemble, détenus en indivision. Il suit les règles applicables entre héritiers (article 1542 du Code civil). L’attribution préférentielle d’un bien à l’un des époux n’est jamais de droit.

Les comptes entre époux restent fréquents : remboursement d’un financement, contribution excessive aux charges du mariage, créances entre époux. Ils se règlent au moment de la liquidation.

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Qui garde le logement familial ?

Plusieurs issues existent : vente du bien, rachat de la part de l’autre époux contre une soulte, ou maintien en indivision. Personne n’est contraint de rester indéfiniment dans l’indivision (article 815 du Code civil). Notre article sur la liquidation des indivisions détaille ces situations.

Pendant la procédure, le juge statue sur la jouissance du logement à titre provisoire. Consultez notre article sur le sort du domicile conjugal pendant le divorce.

Quel est le rôle du notaire et du juge ?

Le partage d’un bien immobilier exige un acte notarié. Dans un divorce judiciaire, le juge désigne un notaire dès les mesures provisoires. Ce notaire prépare un projet de liquidation et forme les lots (article 255, 10°, du Code civil).

Faute d’accord, le juge du divorce statue sur le maintien dans l’indivision, l’attribution préférentielle et le partage. Il exige la preuve des désaccords subsistants, notamment par le projet du notaire (article 267 du Code civil). Un accord global reste toujours possible, y compris en cours de procédure.

Partage amiable ou partage judiciaire : quelle différence ?

Le partage amiable reste la voie la plus rapide. En divorce par consentement mutuel, la convention règle l’ensemble des conséquences patrimoniales. Un état liquidatif notarié s’y ajoute dès qu’un bien immobilier est concerné.

Dans les divorces contentieux, le partage intervient souvent après le prononcé du divorce. Il prend alors plusieurs mois, parfois davantage en cas d’expertise. Notre article sur les étapes d’un divorce situe le partage dans la procédure.

      • Avantage du partage amiable : maîtrise du calendrier, choix des lots, coût réduit.
      • Avantage du partage judiciaire : une décision s’impose lorsque le dialogue est rompu ou qu’un époux bloque la vente.
      • Point commun : un inventaire précis du patrimoine conditionne le résultat.

Le partage influence-t-il la prestation compensatoire ?

Oui. Le juge tient compte du patrimoine de chaque époux après la liquidation pour fixer la prestation compensatoire. Les deux questions se préparent donc ensemble. Une stratégie isolée sur le partage fragilise souvent la négociation sur la prestation, et inversement.

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FAQ

Comment sont partagés les biens lors d'un divorce ?

Chaque époux reprend ses biens propres. On évalue ensuite les biens communs ou indivis, on règle les comptes entre époux et on déduit les dettes. Le solde est partagé en deux, avec une soulte si l'un reçoit plus que sa part.

Les biens reçus par héritage sont-ils partagés ?

Non, en principe. Un bien reçu par succession ou donation reste propre à l'époux qui l'a reçu, même sous le régime de la communauté. Si la communauté a financé des travaux sur ce bien, une récompense lui est due.

Que se passe-t-il si les époux ne s'entendent pas sur le partage ?

Le juge tranche les points de désaccord, à partir du projet de liquidation établi par le notaire. La procédure devient alors judiciaire et plus longue. Un accord reste possible à tout moment, même en cours de procédure.

À quelle date les biens sont-ils évalués ?

La date d'effet du divorce sur les biens est en principe celle de la demande en divorce. Le juge la reporte à la fin de la cohabitation si un époux le demande. Les biens sont évalués à une date proche du partage.

Sources

Par Maître Claire Menuet, avocate au Barreau de Paris, 15 ans de pratique en droit de la famille et en droit pénal.
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