Lorsqu’un des membres d’un couple non marié décède, la question des droits successoraux et des implications juridiques est souvent complexe.

Contrairement aux couples mariés, les couples pacsés ou vivant en concubinage ne bénéficient pas des mêmes protections légales en matière de succession.

Cet article explore les droits successoraux des conjoints survivants dans ces situations, les avantages d’un contrat de mariage pour les couples mariés, et les conséquences juridiques d’un décès dans différents contextes.

1. Les droits successoraux des couples non mariés

A. Couples pacsés

Le pacte civil de solidarité (Pacs) offre certaines protections juridiques, mais ne crée pas de droits successoraux entre les partenaires.

Ainsi, en cas de décès d’un des partenaires sans testament, le survivant n’hérite pas automatiquement des biens du défunt.

La dévolution successorale suit alors les règles légales, les biens revenant à la famille du défunt.

Cependant, le partenaire survivant bénéficie d’une exonération totale des droits de succession sur les biens transmis par testament ou autres dispositions.

De plus, des dispositions spécifiques peuvent protéger le partenaire survivant sur le logement commun, notamment un droit de jouissance temporaire de 12 mois.

B. Concubins

Les concubins font face à une absence totale de droits successoraux légaux.

Si l’un des concubins décède sans testament, le survivant n’a aucun droit sur la succession, même en l’absence d’héritiers légaux.

En l’absence d’héritiers, les biens du défunt sont transmis à l’État.

Pour protéger le concubin survivant, il est impératif de rédiger un testament.

Toutefois, même avec un testament, la valeur du legs au concubin peut être réduite en présence d’héritiers réservataires, comme les enfants du défunt, si le legs excède la quotité disponible.

2. Implications juridiques en cas de décès

A. En présence d’enfants non communs

La présence d’enfants non communs, issus d’une union précédente, réduit souvent les droits du conjoint survivant.

Par exemple, pour les couples mariés, le conjoint survivant ne peut recevoir qu’un quart des biens en pleine propriété, sans possibilité d’opter pour l’usufruit de la totalité des biens.

Pour les couples pacsés ou concubins, la situation est encore plus défavorable sans testament, car le survivant n’a aucun droit automatique sur la succession et dépend entièrement des libéralités prévues par le défunt.

B. Fiscalité

Le mariage et le Pacs offrent des avantages fiscaux significatifs.

Tandis que le conjoint survivant et le partenaire pacsé sont exonérés de droits de succession, les concubins sont soumis à un taux confiscatoire de 60 %, après un abattement minimal.

Conclusion

En cas de décès, les droits du conjoint survivant varient considérablement en fonction du statut juridique du couple (mariage, Pacs ou concubinage).

Les couples non mariés doivent prendre des mesures spécifiques, comme la rédaction d’un testament ou la souscription à une assurance-vie, pour protéger le survivant.

Les couples mariés bénéficient de droits successoraux automatiques et d’une meilleure protection patrimoniale, notamment grâce aux clauses spécifiques des régimes matrimoniaux.

Ces différences soulignent l’importance d’une planification patrimoniale adaptée à chaque situation.